Mot de Victor Hugo
 

À l’époque où j’écrivais des poèmes, la forme était encore convenue, certes, mais le jeune romantique que j’étais prenait déjà des libertés avec le mètre et la tradition poétique. Aussi je ne cacherai pas le plaisir qui me possède lorsqu’arrive le mois de mars à Québec et que la poésie s’éclate de belle manière, se vautrant dans le punk, s’exhibant emmitouflée de laine, s’invitant à des rencontres où des robots se moquent effrontément des artisans littéraires, s’offrant en prescription chez l’apothicaire ou encore en dégustation chez le marchand de farine… et que sais-je encore! Le Mois de la Poésie ne me fait pas me retourner dans ma tombe, il m’en arrache, pardi! N’ai-je pas déjà écrit!: Le poète en des jours impies / Vient préparer des jours meilleurs!? Imaginez! Ils sont, en mars à Québec, plus de deux cents à livrer leur parole sous des formes que, ma foi, jamais nous n’aurions osé concevoir – tout ouverts d’esprits et visionnaires fussions-nous… Et d’ailleurs, n’avais-je pas écrit aussi, à propos du poète!: Il voit, quand les peuples végètent! C’est donc avec un enthousiasme débordant que j’espère cette 7ème édition du Mois de la Poésie, laquelle illuminera cette magnifique ville et ses esprits.

Victor Hugo



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